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Des parents méfiants

Heureux du succès de leurs rejetons, les parents des cinq garçons sont évidemment sceptiques et inquiets. Lorsque les différents directeurs de chez Barclay se pointent pour faire signer un contrat de trois ans entre le célèbre producteur Eddie Barclay et les Aiglons, ils reçoivent un accueil assez froid. A tel point que les discussions durent plusieurs jours. A Paris, les jeunes artistes ont souvent signé des contrats sans l'avis de leurs parents. Parfois ceux-ci se sont montrés très coopératifs. En Suisse, les méthodes modernes et surtout celles du show-business sont encore très mal connues.

On se méfie donc dans le cénacle parental des Aiglons et c'est du bout des doigts et après de fermes promesses, que MM. Blanc, Francioli, Ottino et Schlatter, sont convaincus par Mme Florian que cette offre doit être acceptée. Mais les garçons vont promettre de ne pas perdre de vue leurs études et de les reprendre aux premiers signe de fléchissement du succès. Pour Laurent et Léon, qui sont absolument persuadés que leur avenir est dans la musique (ce sera vrai pour Léon seulement), la promesse est facile à faire. Pour Christian un peu moins. Mais c'est le plus enthousiaste de tous et son père n'a pas le coeur à le décevoir. Reste les deux autres. Jean-Marc, dont les frères aînés sont tous dans les affaires et dont le père dirige une grosse agence d'assurances, la perspective de devenir artiste est exclue. Idem pour Antoine, à qui son père veut pouvoir transmettre l'entreprise de plâtrerie-peinture familiale.

Tournée Gene Vincent

La tournée “Age Tendre”, est organisée par un certain Jean-Claude Camus (devenu producteur de Johnny Hallyday). Ce personnage sympathique devait sans doute faire ses premières expériences car, on peut le dire, son organisation fut une catastrophe. (Voir le contrat) Dans ce spectacle, les Aiglons apparaissaient en “vedette anglaise” (sic), c’est-à-dire avant-dernier artiste avant l’entracte. Avant eux, il y avait le “régional de l’étape” (un groupe ou chanteur qui débutait le spectacle vers 20 heures), Ron et Mel (rockers-acrobates), Moustique (qui venait de sortir son premier disque), les Sunlights, trois frangins sardos-belges dont les engueulades étaient mémorables…

Après les Aiglons, les Chats Sauvages terminaient la première partie et la vedette du show était Gene Vincent, accompagnés par les Sunlights.

Après une semaine de répétitions matinales sur la scène de… l’Olympia, la tournée démarra à Lens-Roubaix-Tourcoing, avant d’aller en Belgique et de revenir en France (Nantes, Angoulême, Poitiers, Amiens, etc.). Tout avait l’aspect d’un certain bonheur. Mais les ennuis commencèrent. L’intendance ne suivait pas, les cachets promis par contrat non plus. Soucis financiers, petits bobos, fatigue accumulée lors de déplacements incohérents, l’ambiance tourna au cauchemar. Après trois semaines de tournée, la troupe se produisit à Amiens, en début de soirée et devait faire un second spectacle à Paris. A la Mutualité, archi-comble, le retard exaspéra le public. Dans une bagarre, un spectateur agité tomba du balcon et se tua. Les Aiglons arrivèrent sur scène dans une ambiance de guerre civile et il fallut battre en retraite. Dans les coulisses, les rockers cherchaient avant tout à protéger leur matériel, mis en danger par le risque d’émeute. Finalement, les Sunlights entrèrent en scène avec Gene Vincent, celui que le Tout-Paris du rock attendait. Cette apparition ne calma pas vraiment les 5000 spectateurs mais permit au reste de la tournée d’évacuer des coulisses rendues inhospitalières par un service de sécurité incompétent et débordé. L’incompétence paraissait d’ailleurs être le leitmotiv de cette tournée. Jean-Claude Camus, peu présent lorsqu’il y avait des problèmes, a dû faire des progrès pour devenir le patron des tournées de Johnny Hallyday!

Tournée des Copains

Ce périple à domicile, les Aiglons vont le faire en vedette. Mais sont-ils prêts à jouer ce rôle ? Sur le plan purement technique et musical, la réponse est affirmative.

A l’origine, cette tournée a été imaginée et souhaitée par Jacky Reinhardt, propriétaire du «Caveau de la Tour» à Lausanne et Ken Lean, directeur artistique des Aiglons. Ne disposant pas des finances nécessaires pour organiser cette tournée, ils ont fait appel à l’une de leur connaissance, Marco Vifian qui accepta (un brin naïvement) de financer cet événement. Première bourde!

L’organisation de la tournée incombait à M. Reinhardt qui avait une certaine expérience en la matière. Son rôle s’est en fait limité à quelques conseils et Marco Vifian s’est vu promu à la tête d’une entreprise qui le dépassait passablement. Deuxième bourde!

La campagne publicitaire (affichages et presses locales), tâche qui incombait à M. Reinhart, était insuffisante pour ne pas dire inexistante, d’où le peu de spectateurs dans une majorité des salles. Contrairement à ce qui se faisait en France, l’appui de Radio Lausanne (ou Genève) fut quasiment inexistant. Troisième bourde!

Quant au plateau, c’est Ken Lean, à qui Marco Vifian faisait pleine confiance, qui imposa ses choix. «Les Aiglons» comme tête d’affiche étaient pleinement justifiés. En revanche, imposer Evy, jeune débutante inconnue du public, comme vedette américaine s’est avéré être un mauvais choix. Quatrième bourde!

Jacky Reinhardt, lui aussi, imposa ses protégés «Les Sorciers» qui venaient tout juste de sortir leur premier disque et «Les Tricheurs», dont les performances ne justifiaient en aucun cas un passage sur scène. Cinquième bourde!

Quant à Marco Vifian, il engagea un de ses amis, Jean Miguel, jeune chanteur assez talentueux auquel il confia malheureusement la présentation du spectacle. Piètre Monsieur Loyal, moqueur, méprisant et insolent envers la salle, il fallut presque le protéger du public à la sortie des théâtres de La Chaux-de-Fonds et de Sion. Sixième bourde!

Le dernier jour de la tournée, au théâtre de Beaulieu à Lausanne, Les Aiglons ont joué en ouverture du spectacle pour se déplacer ensuite à Yverdon, où ils avaient un second engagement en fin de soirée, laissant ainsi la vedette du spectacle aux Faux-Frères, engagés au dernier moment.

La tournée était un véritable échec et s’est soldé par une énorme perte financière pour Marco Vifian.

Quant au concert des Aiglons dans la capitale du Nord-vaudois, ce fut un triomphe¸ malgré quelques incidents. Quelques excités lancèrent en effet des objets sur la scène et notamment un œuf sur la guitare d’Antoine Ottino. Ce dernier inaugurait ce soir-là une splendide Fender Jazz Bass, commandée avec difficulté depuis plus de six mois aux États-Unis.

Les colères de Ken Lean

Au terme de deux tournées calamiteuses et peu lucratives, les Aiglons (et leur parents) décidèrent de ne plus accepter de longs périples et de se contenter de répondre eux-mêmes aux (nombreuses) sollicitations, de fixer eux-mêmes leur programme de concerts. Cette décision provoqua la colère de Ken Lean. Le directeur artistique d’Eddie Barclay (qui se prenait, soit dit en passant, de plus en plus pour Phil Spector), commit à ce moment sa première erreur. En décembre 1963, le groupe se réunit à nouveau dans le studio A de l’avenue Hoche, avec 4 ou 5 morceaux nouveaux, composés par Léon et Jean-Marc.
Ken Lean se lança alors dans un numéro de mauvaise foi incroyable et auquel les jeunes gens n’étaient pas préparés. Engueulades et frictions se succédèrent, en particulier avec Christian Schlatter, devenu (par la force des choses) persifleur patenté. Ce rôle, généralement dévolu aux… batteurs, Chris va le jouer jusqu’à la limite de l’exagération. Un mot de trop, un soir d’orage, fit sortir Ken Lean de ses gonds: il agressa physiquement le récalcitrant. Ce dernier, sportif d’élite à Lausanne, ne se laissa pas faire et rendit les coups. Christian trouva aussi une aide providentielle: celle du père d’Antoine Ottino qui servit à la fois pour calmer la colère de l’irascible Ken, mais aussi pour faire un rapport précis aux parents des Aiglons qui conseillèrent immédiatement aux Aiglons de s’éloigner de ce directeur artistique trop impulsif.
Cette décision provoqua le renvoi des séances d’enregistrements au printemps 1964. Entretemps, et pour d’autres raisons, Ken Lean fut remercié par Eddie Barclay et alla offrir ses services à la maison Pathé-Marconi. Ken y réalisa quelques disques instrumentaux, avec grand orchestre, mais sans le talent nécessaire pour convaincre. Il enregistra aussi un autre groupe suisse, les Volcans (Montreux), avant de disparaître en Italie où il mourut dans un accident de la route en 1971.

Le "Non" à Clo-Clo

Sur le plan parisien, leur étoile a aussi considérablement pâli depuis qu’ils ont refusé, en février 1964, de signer un contrat de deux ans avec l’0rganisation de Claude François. Christian Schlatter raconte comment les choses se sont passées :

« Le soir de la clôture des Jeux olympiques d’hiver à Innsbruck, je suivais l’événement à la TV, en compagnie de mes parents, à Lausanne. Le téléphone sonne. Ken Lean appelle de Paris pour informer les Aiglons que Paul Ledermann, agissant pour Claude François, aimerait faire signer un contrat d’exclusivité aux Aiglons. Il s’agirait, un peu à la manière de Cliff Richard avec les Shadows, d’attacher le groupe suisse aux tournées de la vedette française. Les Aiglons assureraient la première partie du spectacle et accompagneraient Clo-Clo après l’entracte. Une vraie consécration! Surtout que les conditions étaient intéressantes: deux ans de contrats, 15-20 concerts par mois, plus de 500 francs par musiciens et par concert. N’importe quel groupe français, américain ou anglais aurait accepté les yeux fermés. Mon père, qui agissait un peu comme band-manager, prit le lendemain contact avec les autres parents des Aiglons. Si la mère de Laurent et celle de Léon paraissent favorables, il n’en fut pas de même pour Messieurs Blanc et Ottino. Les deux pères estimaient que l’engagement était trop long, signifierait l’abandon des études de Nac et Antoine. Ils refusèrent cette proposition. Que faire? Je pris aussitôt contact avec Paul Ledermann et lui proposais le remplacement immédiat et sans difficulté des deux musiciens par Oreste “Cookie” Cristuib (qui tournait déjà depuis plusieurs mois avec les Aiglons et enregistra notamment « Expo 64 ») et Michel Klaus, bassiste qui connaissait parfaitement le répertoire du groupe. Malheureusement, Paul Ledermann affirma que Claude François voulait les cinq musiciens d’origine. Le projet s’écroulait donc. Quelques années plus tard, j’ai appris, par la bouche de Clo-Clo, que c’est en réalité Ledermann et Ken Lean qui avaient décidés de torpiller le projet. Claude m’affirma qu’il se moquait bien du nom de musiciens : c’était leur son qu’il voulait associer à son spectacle ».

Le refus de cette offre en or détruisit, on le comprend, le crédit qui entourait le groupe suisse. A Paris, les Aiglons passaient désormais pour des enfants gâtés et capricieux. Dommage.

Expo 64 - Un rendez-vous raté

Les Aiglons, malgré plusieurs concerts en Suisse, en France et en Belgique, semblent végéter. On pense que l’ouverture de l’Exposition Nationale, le 30 avril 1964, va leur permettre de consolider leur popularité. C’est un rendez-vous manqué! Les organisateurs de la grande manifestation (qui dure pendant six mois) ne prêtent aucune attention aux rockers. Pourtant, les Aiglons ont donné un petit coup de main à la promotion de l’Expo en publiant “Expo 64». sur leur deuxième 45 tours. Il s’agit d’un morceau composé par Johnny Roulet (alias Tony Rank), que les Aiglons ont accompagné sur un super 45 tours «Barclay» qui ne sortira jamais. Grâce à la TV romande et à l’émission «Carrefour», le groupe enregistre malgré tout un clip sur le chantier de Vidy, presque terminé.

Mais cela ne suffit pas à leur ouvrir les portes de la grande manifestation que tout Lausanne admire. On contraire.

Beaucoup de groupe de rock, venus de toute la Suisse romande, joueront dans les différentes pintes et cabarets ouverts dans le périmètre de Vidy. Certains y trouveront même une forme de lancement. Pas les Aiglons, qui ne réaliseront que quelques émissions radio dans le studio de Radio-Lausanne (avec Raymond Colbert), et un seul concert, dans la grande Halle des Fêtes, par une chaleur étouffante, et avec une sono complètement pourrie. Le groupe se produisit de plus sur la scène en plein après-midi d’août , joua environ une demi-heure, dans une relative indifférence…

Un aiglon en Allemagne, deux en Italie…

Vers la fin de l’année 1964, les Aiglons. Privés de concerts et de succès à la suite d’un troisième disque nettement mois bon que les deux premiers, vivotaient à Lausanne. Les parents de Jean-Marc et d’Antoine décidèrent que l’aventure était terminée et forcèrent leurs rejetons à reprendre le chemin des études. Christian a été forcé d’entreprendre une nouvelle vie d’apprenti de commerce (chez l’agent d’affaires Viscolo) mais garda l’espoir de repartir en tournée…

Cette perspective se présenta sous plusieurs formes. D’abord, les Aiglons restant remplacèrent très vitre Blanc et Ottino. Le premier par Oreste «Cookie» Cristuib. Génial pianiste-organiste qui avait participé aux activités de studio et aux tournées du groupe en 1963 déjà. Quant au second, le bassiste Michel Klaus, il rejoignit la bande, connaissant parfaitement le répertoire. Plusieurs séances photos de ce quintet ont été réalisées par le photographe Serge Bioley, alias Tony Jess, auteur, entre autre, de la photo du premier double 45 tours des Aiglons (les affichettes des Daltons).

Hélas, le destin va encore frapper. Quelques jours avant de partir à Paris pour enregistrer ce qui sera le 4ème disque, Laurent Florian est victime d’un grave accident de la route. Pour le remplacer au studio Barclay, les Aiglons font appel à Michel Saugy, ex-guitare-solo des Sorciers et tout le monde entre en studio à la mi-janvier 1965 pour réaliser un disque sous la direction de Marco Vifian, un jeune lausannois ayant pris la place de Ken Lean derrière la vitre du studio Hoche.

Les enregistrements terminés, les «nouveaux» Aiglons participent à quelques concerts au «Golf Drouot», ainsi qu’à une séance de photos dans Paris, pour la pochette du futur disque. Malheureusement, ces clichés disparaitront on ne sait où et, lors de la sortie du super 45 tours, la maison Barclay utilisera une ancienne photo des Aiglons, avec le groupe d’origine. Ce qui fâchera légitimement «Cookie» et les deux Michel…

De retour à Lausanne, les Aiglons préparent un nouveau show pour un nouveau départ à Paris. Hélas, le groupe a été un peu «oublié» chez les tourneurs habituels du groupe et il n’avère qu’il n’y a plus de… tournée! Saugy doit aussi renoncer car on l’oblige à faire son service militaire (ce qui sera aussi le cas de Christian un peu plus tard!). Francioli ayant lui aussi décidé d’abandonner un groupe sans travail, «Cookie», Klaus et Christian décidèrent de s’entêter. Ils ont donc engagé deux guitaristes neuchâtelois issus du groupe «Rapaces» (sic), Pierre-Alain Pellaton et André Ruchti.

C’est donc un seul vrai «aiglon» qui va se rendre à Paris, début février pour tenter une opération sauvetage qui ressemble plutôt à une mission… impossible. Grosse déception en vue! Car Paris boude les Aiglons. On leur offre juste un passage au «Golf Drouot» et à la «Locomotive», une nouvelle boite à la mode, située à côté du Moulin Rouge de Pigalle. Mais cette musique ne passe plus et les groupes à la mode british font désormais la loi. A la Locomotive, les Aiglons croisent par ailleurs quelques musiciens anglais dont on entendra parler bientôt: les Who. Qui ne s’appellent d’ailleurs encore les Who…

Logés dans un hôtel du 9e arrondissement, les «Aiglons» cherchent donc une solution en travaillant un répertoire plus adapté à la mode. C’est à ce moment qu’un jeune chanteur américain inconnu, nous ayant appréciés, leur propose de le suivre dans une tournée en Allemagne, dans… les bases de l’armée américaine, où les secteurs divertissements sont très actifs. Personne ne se souvient du nom de ce chanteur, dont le look à la «Elvis Presley» ne présageait rien de bon en matière de nouveauté…

Mais comme la bande a un urgent besoin d’argent, les Aiglons, après quelques semaines de répétitions, décident, sans joie, de partir en Allemagne, oubliant au passage qu’ils devaient jouer dans un «Musicorama» à l’Olympia, concert non lucratif. Cette trahison servira de prétexte aux promoteurs parisiens pour enterrer définitivement le groupe suisse…

Base de Darmstadt

Le voyage vers l’Allemagne fut à l’image des deux mois qui allaient suivre: gris, neigeux, chaotique et glacial. Les Aiglons-bis se sont d’abord rendus, dans deux véhicules, à la base de Darmstadt. Logés dans un petit hôtel de la ville, leur première découverte fut une ambiance totalement américaine. Une ville dans la ville. A la base, ils mangeaient… américain et vivaient comme des Américains. La scène de la discothèque paraissait bien étroite. Peu importe: ils étaient payés et nous faisaient ce qu’ils aimaient: jouer la rock-music.

Dans la base, les Aiglons, vedettes de disques Barclay, étaient inconnus et durent évidemment s’adapter aux goûts des militaires yankees, encore coincés dans les années 50 avec Elvis Presley, Buddy Holly, Cochran, «Gégène», et tout le cortège des pionniers. Mais hors de la base, la mode avait fait un bon en avant et le style préféré des jeunes allemands était résolument tourné vers l’avenir, la Beatlemania, les Rolling Stones et tous les groupes anglais qui avaient changé le paysage musical des rockers…

Il fallut donc modifier le répertoire, d’autant plus que le chanteur américain était inscrit dans la société de production qui l’employait et celle-ci voulait garder le groupe pour visiter d’autres bases, à Francfort, Bad Nauheim (celle où Elvis fit son service en 1959!), Stuttgart et ailleurs. Pour cela, les Suisses firent venir de Lausanne leur pote Pavlo Pendakis, qui glandait au «Cyrano» avec sa guitare en bandoulière et son style très «Mick Jagger». Pavlo débarqua un jour à Darmstadt et les «Aiglons» devinrent un groupe pop anglais, sans rapport (à part quelques titres) avec leur glorieux passé…

Après plusieurs vas-et-viens entre trois ou quatre bases de l’armée yankee, dans lesquelles les succès furent inégaux et l’ambiance pas toujours joyeuse, le groupe décida de tenter quelques auditions dans des boites allemandes, surtout du côté de Francfort. Grosse déception… Tous les groupes du coin avaient depuis longtemps adopté un style beaucoup plus british et les «Aiglons» ne purent convaincre personne de les engager. Il fallut donc faire le point, surtout côté finances, et constater qu’un retour en Suisse était inévitable. Ne serait-ce que pour travailler un nouveau répertoire et avoir de nouvelles idées. Un peu dans la panique, avec l’aide financière de quelques parents, le groupe revint donc à Lausanne la tête basse. Nous sommes en avril 1965.

Fallait-il jeter l’éponge?

Après quelques semaines de réflexion, les répétitions, avec le retour de Léon Francioli, ont repris grâce à la perspective de faire une tournée des plages en… Sicile. Ce contrat était à l’origine destiné à un autre groupe romand, les «Volcans» (Montreux) qui était en totale rupture, après avoir pourtant publié un super 45 tours chez Pathé-Marconi, sous la direction de… Ken Lean. Claude Borloz, l’un des guitaristes du groupe, proposa aux Aiglons (Léon et Christian) de profiter de cette aubaine. La formation renouvelée, avec Claude Borloz (guitare), Pavlo Pendakis (chant), Gérald Bastian (basse), prit donc la route de Paris où un avion les conduisit directement à Palerme. Les «Aiglons» firent donc un périple assez sympathique sous la chaleur des vacances siciliennes, à Erice, Trapani et dans d’autres petites villes…

Au retour, on décida de changer une fois encore la formation. Après un retour sans suite de Michel Klaus, ce fut André Jungo qui prit la basse, on garda Pavlo comme chanteur et Léon engagea Sylvain Bazan (Montreux) pour reprendre les claviers. Ce fut la création des SOUNDS.

Le seul titre de gloire de ce groupe, qui dura jusqu’en fin 1966, fut d’enregistrer le premier super 45 tours de la Fribourgeoise Arlette Zola…



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