Hommage à Léon

La mort d'un pote inoubliable...

La triste nouvelle était attendue. Léon Francioli est parti au paradis des musiciens. Même si je sais que cette expression le rendrait rageur, je ne peux m'empêcher de la formuler. Rien que pour le punir de nous laisser tomber si vite. Je n'aurais donc plus ce vieux compagnon râleur et provocateur pour m'engueuler et me faire la morale sur la terrasse de la Pinte Besson. Dommage.













Il est donc ainsi le premier membre des Aiglons à tirer sa révérence.

Fondateur du groupe en 1961, à l'avenue de Chailly 16, avec son presque frère Laurent Florian,  Léon fut un brillant acteur de la scène des sixties. Grâce à son talent musical et son sens très critique, il offrit aux Aiglons la force travailler davantage que les autres formations yéyés.

Il nous porta chance lorsque le tube «Stalactite», enregistré à Paris en mai 1963, se hissa dans les hit-parades d'une vingtaine de pays, États-Unis compris. Il resta avec les Aiglons jusqu'en 1965 et composa le second succès du groupe, «Panorama», qui s'inscrivit aussi au cash-box des jeunes...


Mais Léon, pour moi, c'était avant tout un camarade des bancs d'école. Je l'ai connu au collège de Béthusy en 1956 et, bien avant de vivre une extraordinaire histoire de rockers, nous faisions les cons dans la même classe. Lorsque j'étais malade, c'est lui qui m'apportait les devoirs, son chemin entre le collège et Chailly passant devant chez moi... Il fut aussi un bon élève sur le terrain de football.

Je garderai toujours en mémoire cette anecdote de potache: à Béthusy, en 1959, lors d'un cours matinal ennuyeux, le professeur, le voyant bâiller, lui dit: «Vous savez Francioli, si vous n'aimez pas l'école, l'agriculture manque de bras!» Léon lui répondit du tac au tac: «Oh je sais Monsieur, mais je sais aussi que le corps enseignant ne manque pas de pieds!!»

Bonne nuit Léon...


Christian Schlatter

Lausanne, Mars 2016


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