Accueil Les Aiglons Aiglons vus par Actualités Histoire Mais aussi Discographie Photos - Videos Revue de presse Contact Liens favoris

Léon Francioli


(interview dans le quotidien 24 Heures, parue le Vdredi 22 août 2014)

«Petit, je jouais du Debussy au piano. Mais pour draguer, le rock c’était mieux que Debussy. A 15 ans, on faisait de la musique instrumentale. Notre référence était le groupe anglais The Shadows. Nous avons appris la guitare en jouant entre nous, sans jamais prendre de cours. Il suffisait d’imiter. A l’époque, on voulait tout faire très vite pour devenir indépendants de nos parents. On les respectait plus qu’aujourd’hui mais on avait un grand désir de liberté. On n’avait pas peur de l’avenir. J’ai commencé les petits jobs à 13 ans. Pour me payer ma première guitare, je faisais la conciergerie d’un petit immeuble et je portais les commissions pour un magasin. Dans les concerts, les filles criaient et nous arrêtaient dans la rue. Finalement, nous n’avions plus besoin de draguer… et nous avions nos repaires avec les yéyés et les rockers comme le Caveau de la Tour et le Cyrano à Lausanne…»

Réponse de Christian

(dans le même journal, le 1er septembre 2014…)

Le rock à l’Expo

Dans l’article consacré à l’existence des Aiglons, groupe de rock-yéyé lausannois (1961-1965) ayant connu une gloire inattendue en 1963 («Stalactite»), il aurait été judicieux de préciser que la bande avait publié, quelques mois avant l’ouverture de l’Exposition nationale, un titre intitulé «Expo 64». Ce morceau instrumental, composé par le chanteur lausannois Johnny Roulet (Tony Rank), avait été enregistré pour servir la cause des organisateurs. Une sorte de «jingle».
Bien que publié sur le deuxième disque des Aiglons, dont le titre-phare était «Panorama» (tout de même 8ème pendant cinq semaines au hit-parade de «Salut les Copains»), «Expo 64» fut étrangement ignoré par les doctes patrons de l’Expo… Le rock et le yé-yé ne faisaient partie de la culture musicale de ces Messieurs. Ceux-ci préféraient les fanfares et les chœurs d’hommes. La musique des gamins ne les impressionnaient pas encore. Et le fait que cinq jeunots lausannois fassent briller le nom de leur ville dans les milieux du show business les laissait de marbre…
Heureusement, pendant l’Expo 64, les rockers purent s’exprimer… dans les caves!


Henri Leproux


(propriétaire du Golf Drouot, 2 rue Drouot, Paris IXème)

«Les Aiglons? Ce fut le premier groupe de rock  suisse vu sur la scène du Golf Drouot. Comparés à la majorité des groupes venus chez moi, ils étaient très novateurs et remplis d’un sérieux très… helvétique».


Michel Dupont.
(fidèle client du Golf Drouot et collectionneur d’instruments de musique «sixties»/Paris)

«Les Aiglons? Ce fut le premier groupe capable de secouer le son des sixties et à apporter du nouveau et des effets. Le groupe savait se mettre en valeur  sans se prendre la grosse tête et avait un grand savoir-vivre. Très beau souvenirs de leurs passages au Golf Drouot (également avec Evy), de leur tournée avec «Gégène» Vincent, les «Chats Sauvages » et Moustique (avec ses «Bulldozers»).

Bravo les Suisses… Vous avez encore beaucoup de leçons à apporter à la France musicale. Surtout en ce moment…


Guy Abitan

(journaliste à Salut le Copains/octobre 1963)

«Lorsque j’entendis «Stalactite» pour la première fois, inutile de dire à quel point je fus surpris: d’où provenaient tant de sons aigus, nerveux, étincelants? Comment une prise de son avait-elle pu les restituer ? Ni les Shadows, ni les Tornados jusque-là, malgré leur exceptionnelle virtuosité technique, n’étaient parvenus à nous offrir une aussi vive et cinglante musicalité. Avec «Stalactite» quelque chose d’inattendu se produisait, un nouveau groupe naissait, que l’on n’allait pas tarder à devoir compte parmi les meilleurs: les Aiglons.

De qui était formé ce surprenant  ensemble venu de Suisse? D’un Jean-Marc  (17 ans et demi), brun, personnage d’un calme imbousculable; d’un Laurent (même âge), violent amateur d’électronique et de jeunes filles brunes, d’un Christian (18 ans), long, nerveux, d’un Antoine (15 ans et demi), capricieux, enfantin, parfait comique de la troupe, et d’un Léon (17 ans), garçon réfléchi, passionné, au visage d’adorable gamin sous des cheveux sombres et bouclés. Tous viennent de Lausanne et sont de remarquables musiciens.

Après avoir été découvert par Ken Lean, au «Golf Drouot», les Aiglons travaillèrent beaucoup et l’enregistrement de leur premier disque eut lieu dans les studios d’Eddie Barclay. «On ne risquait pas de nous avoir vus, se souvient Léon. Pendant les enregistrements, nous n’avons rien vu de Paris, nous nous somme contentés de faire l’aller-retour entre le studio et notre hôtel (ndlr: dans le IXème arrondissement). Quand le disque est paru, nous étions rentrés en Suisse.


Christophe Gallaz


(journaliste et écrivain lausannois, qui présenta le CD «Trente ans après», paru en 1992).

«Abusée par une poignante illusion, l’opinion suppose que les trente dernières années furent peuplées d’évènements prépondérants, comme l’envoi de Terriens sur la Lune ou l’extinction, jusque dans ses satellites artificiels, du communisme soviétique. C’est évidemment stupide. L’Histoire est arrêtée depuis 1963.

Entre cette année-là, quand les Aiglons publièrent leur disque fondateur avant d’en agrémenter le hit-parade de vingt pays dont les Etats-Unis, et cet instant qui vous donne à lire ce petit texte, nous n’aurons perçu d’elle que deux frémissements.

Le premier consiste en quelques gueuletons commémoratifs organisés par les Aiglons, pour célébrer leurs triomphes de jadis; et le deuxième, grâce à la prodigieuse évolution des techniques autorisant la production et l’enregistrement de sons.

Ainsi le choix, pour les membres du groupe, devint-il bientôt terrifiant. Devaient-ils continuer de s’attabler tous les dix ans jusqu’à rendre la nostalgie pire qu’obèse, ou leur fallait-il instiller à nouveau à l’oreille des jeunes générations transnationales, leur rock’n roll en métaphore du temps qui bat?

Emmenés par Léon, seul resté musicien professionnel, ils ont tranché.

Titres inédits, reprise chaude («Panorama»), timbres précis, rythmes nets. Le tempo des cœurs, Mesdames et Messieurs. Le siècle peut tourner.




Copyright © 2014 - Christian Schlatter